U2 à Glasgow : l’harmonie du low-cost

, par SR&R 19 commentaires

Après vous avoir chroniqué le 360° Tour haut de gamme, nous voulions tester le strict opposé. Et on n’a pas été déçu !

La raison principale de notre voyage à Glasgow était là : expérimenter un concert low-cost (88€ pour le vol, le concert, et l’hotel). Et pour une fois, il faut dire qu’on a été comblé, au delà même de nos espérances. Du low-cost il en fut question à chaque instant de ce périple écossais.

Nous nous doutions bien qu’en payant 12€ nos billets d’avion, nous n’aurions pas le confort des classes affaires que notre rang exige pourtant. Mais de là à tomber sur un pilote incapable de poser un avion sans le fracasser sur la piste, il y a un pas que nous ne pensions pas franchir. Même chose concernant l’odeur putréfiante infestant la chambre 403 du Campanile Hotel, totalement indigne des bons plans au Marriott auxquels Pascal nous a habitué. Bref, une entrée en matière déjà bien savoureuse.

Ajoutez à cela les mensurations scandaleuses des pizzas au Pizza Hut de Central Station, et le temps low-cost (10° de perdus et la pluie en bonus) qui nous a été offert pendant notre séjour, et vous obtenez un cocktail détonant, avant même le début de ce fameux concert. Car fameux est bien le mot qui s’impose.

Puisque l’idée directrice était de faire dans le low-cost, nous avions opté pour les places que Paul McGuinness nous promettait à 30$. Résultat, elles nous ont coûté 43€ pièce, au prix d’un taux de change défiant toute concurrence. Une prouesse Live Nation. Malgré tout, nous constatons avec plaisir que ces places se sont avérées bien meilleures que ce que nous imaginions : assez éloignées, certes, mais offrant une vue dégagée sur la scène et à une hauteur très raisonnable compte-tenu de la configuration du stade. Ces places à bas prix valaient à coup sûr une partie des places survendues ou sans visibilité du Stade de France. Les écossais ont eu, eux, la décence et le respect de ne pas mettre en vente les places où ne voit rien en bas de l’arrière-scène et derrière le mixing-desk.

The Claw sous le ciel bleu d’Hampden Park

Autre satisfaction : la qualité sonore remarquable d’Hampden Park. Nous avons rarement eu l’occasion d’entendre avec tant de pureté la basse d’Adam Clayton et les coups rythmés de Larry Mullen, retentissant aussi puissamment que les coups de butoir d’un Pascal devant une collection de bootlegs. Le public a globalement su être à la hauteur, malgré une mise en jambe poussive et une désertion massive des travées dès la fin de One. Une performance courageuse, tant les raisons de ne pas se passionner pour ce concert furent nombreuses.

Évidemment assister à un concert de U2 est toujours une chance, un privilège, certains diront même un cadeau du ciel voire une communication directe avec Dieu. Évidemment U2 est le seul maître à bord et nous propose le concert dont ils ont envie, comme ils en ont envie, et nous n’avons rien à dire là-dessus. Évidemment le niveau d’exigence d’un glaswegien ne doit guère voler plus haut que celui d’un valenciennois. Pour autant devons-nous nous contenter du satisfecit d’une bande de primates alcoolisés incapables de saisir la finesse d’un bijou tel que Moment Of Surrender ? Devons-nous nous taire ? Sûrement pas quand, comme ce fut le cas ce soir, U2 livre un concert propre, sérieux, mais expédié et sans âme.

Ce soir U2 a récité son concert parfait, appris par cœur et peaufiné au fil de la tournée, et l’a balancé pendant deux heures sans mot dire, sans interruption, sans sourire. Il n’y avait rien de cette flamme que nous avions pourtant sentie aux quatre coins de l’Europe, à Barcelone, à Milan, à Dublin, et plus récemment encore à Londres. Est-ce la fin approchante de ce premier leg (et la fatigue accumulée) qui peut expliquer cette attitude distante ? Ou est-ce le fait de se produire dans un stade moins scintillant que Wembley ou l’Olympiastadion ?

Que penser également de cette longue coupure de son durant la première moitié de Walk On, qui ne provoqua pas la moindre réaction du groupe pendant le morceau, ni même la plus petite excuse après coup ? Comble de l’ironie, Bono paraissait même vexé d’entendre le public siffler à cette occasion. Doit-on y voir la raison de la monumentale moquerie qui s’en suivit ? Non content d’offrir un rappel si court que même ce malicieux de Pascal n’aurait pas eu le temps de censurer une revue de concert, U2 s’est offert le luxe suprême de ne pas interpréter Mysterious Ways, alors même que le morceau figurait sur la setlist d’origine ! Un amer goût de 10 juillet 2005 flottait alors dans l’air, et autant le dire tout net, cet air est nauséabond !

Ce soir ce n’est pas internet qui a tué U2, comme nous avons pu le lire dans un article récemment publié sur un site ami et massivement encensé dans la poubelle du web francophone. Non, ce soir à Glasgow, U2 s’est tiré tout seul une balle dans le pied, en la jouant facile et sans effort. L’ambiance générale relativement morne perçue à la sortie du concert en est une illustration désabusée. Fort heureusement, ce sentiment restera anecdotique au regard d’une tournée européenne qui touche à sa fin et qui laissera un souvenir d’une grande réussite, même pour les amateurs de critique facile que nous sommes.

Discussions

19 commentaires ont été publiés pour cet article.

sabu2

bien entendu pour le mot Magie je ne comparerais pas avec Dublin San siro ou meme Nou camp bien entendu c different moins grand le stade de nice que ces grandes villes et bien entendu on ne peux pas comparer avec l’Irlande mais malgrés un petit satde Nice etait bon comme tu dis c’est l’essentiel pour moi !
Qu’elle chance Bouba d’avoir fait toute ces dates et ces villes …

Répondre
antho

c’est bien faut varier après nice, autant attaquer le nord avec valenciennes moi enfin j’aurais tapé sur lens mais bon c’etait peut etre trop facile lol

Evidemment c’est un joke. Bon enfin c’est exactement ce genre de concerts qui ne me donnent plus envie de barouder trop loin pour un concert de U2..

MMMh peut etre juste dire que pour voir des mecs bourrés il suffit d’aller au stade de france, pas besoin de voir le bout de l’europe ;o)

Répondre
bouba

voila des reactions pris sur un site voisin
à méditer… j aime bien le si sa vie en dependait

« Le public a été brillant, les gens se seraient en étreintes, il n’y a pas eu le moindre soupçon de problème. »

Même un problème technique au niveau du système sonore n’a pas entamé leur enthousiasme. « Ca se voyait sur les écrans que Bono continuait de chanter de tout son coeur, comme si sa vie en dépendait », de remarquer Debbie McGill

Répondre
Marco

Article sympa… mais pourquoi, encore une fois, balancer comme ça ? Là, ce sont les habitants de Glasgow, ceux de Valenciennes et les internautes qui ont trouvé un fond non dénué de sens dans l’article que vous mentionnez qui en prennent plein la poire…
Si c’est de l’humour, c’est à mon avis déplacé, pas dans le bon contexte… Et si c’est le reflet d’un complexe de supériorité… c’est dommage…

Répondre
bouba

@actarus : t as pas compris ce que je voulais dire je parle pas du concert de sheffield retransmis mais des gens qui paient et vont voir U2, comme je disais j ai l impression que du moment ou on a la chance de voir U2 on doit tout accepter. c est dans ce sens la que je dit que c est pas un concert gratuit.

@sabu2 : nice etait bon mais de la a parler de magie…. comparé a barca milan (que j ai fait ainsi que nice), dublin et londres (d apres les dires du staf) y a pas photo.

c est vrai que la tournée est bonne avec des changements de l investissement du groupe et les soirs comme glasgow y en a pas eu bcp qd même

Répondre
Sebsystem

Encore un article hors du commum ; la dernière phrase est pleine de sens !!

Répondre
sabu2

Et avant d’oublier la Magie cette année à touché Nice on peux vous le confirmer il y’avait un trés bon son contrairement à ce qu’on a pu entendre et c’etait trés intimiste bonne soirée à tous il serait temps de dormir suite à la nuit blanche de la veille …

Répondre
sabu2

Et bien je dirais que l’article n’est pas complétement faux effectivement pour nous depart de marseille le lundi dans la nuit pour glasgow arrivées la bas temps pourri pluie 10° d’ecart , çachange mais aprés les avoir vu sous 40° à Nice on aura fait chaud et froid mais au final le + important sans regrets!certe pb de son sur Walk on certe le journal annoncé le matin même la bas que les ecossais trouvaient l’album 360° mediocre tel son les termes du journal local … certe nous avons eu une play list bcp + courte qu’à Nice, certe le public eccossais à eu du mal à demarrer à notre gôut moins enthousiasme que les français ça par contre c’est sûr !!! pas question d’etre chauvine mais bon c vrai et un retour difficille avec 4 h d’attentes pour l’avion retour … mais malgrés tout ça nous ne regrettons RIEN !!! Ils ont fait le show !!! on en a pris pleins les oreilles et la tête et les YEUX c’etait quand même Génial !!! LOVE U2 bien triste de ne pas pouvoir les revoir encore une fois ailleurs trop loin trop cher maintenant !!! mais voila c’etait SUPER ! vive le low cost perso ça m’a couté moins cher que Nice .

Répondre
actarus

Un concert de U2 qui passe sur un possibe internet donc vehiculer worldwide ca s’est pas fait depuis point depot alors sachez qu’a l’avenir je m’adresserai aux fans

Répondre
bouba

je crois que vous resumez bien un truc dans l article: pour bcp critiquer u2 est interdit car « oh my god on a la chance de les voir donc amen ils ont tous les droits » c est le genre de phrase que j’entend souvent. on dirait que l on va a un concert gratuit donc tout est excusable, non on paie on a le droit de siffler et d etre mecontent. apres comme je le repete la magie touche tres peu d endroit et a chaque fois c ets l italie, l espagne, dublin et londres cette année qui sont servis.
en tout cas merci de faire partager cette expérience qui montre vraiment que U2 est comme tout le monde, quand on veut on peut (londres milan) et quant on a pas envie on le montre (glasgow) apres tout c est un travail et ya des jours ou on a pas envie de bosser!

Répondre
Pascal

Et demain la même experience Ecossaise en RZ ;-)
Pas triste non plus

Pour résumer, bq d’émotions perso à se rendre sur Glasgow, mais heureusement que nous avons fait Londres 2

Répondre
choubou edge

Oui ça rejoint ce qu’on s’est dit au Mc D. Sucking staff… Mais après avoir cogité (ben oui, une nuit blanche à Glasgow, ça laisse du temps), je me demande si nos chers Irlandais n’ont tout simplement pas voulu prendre de risque avec Mysterious Ways (vu l’angoisse de Walk on) et joué les rappels classiques depuis le début du 360° Tour. Mais quand même j’ai adoré mon expérience écossaise.

PS : vous êtes bien durs avec les Ecossais, je les trouve mille fois plus sympathiques et souriants que la majorité des Français !

Répondre
popelevation

je sais pas! je suis pas assez amateur d’expériences border line pour tenter Nice!

Répondre
yeah

bah c’est vrai que Nice c’est quand même assez cheap, nan?

;)

Répondre
popelevation

si! et c’était les meilleurs!

Répondre
guffanti

a paris les billets étais a 34.80 euros et derrière en voyait bien!! ensuite vous auriez mieux fait d’aller a Nice pour votre expérience de « l’harmonie low cost » car la au moins mystérious way a été jouer et toc!!:) bon c’est vrai qu’a Nice un billet a 34,80 je sais pas si il y en avait.

Répondre
yeah

bah les ecossais sont un peu des cul-terreux nan?

:)

Répondre
actarus

@sucking staff
l’avion et les pizzas et la biere ! :^)

Répondre
actarus

Belle histoire qui vexe Ils ont deconne. Demain soir U2 joue tres gros ils peuvent se faire descendre

Répondre

Ajouter une réaction

Gagnez du temps en vous connectant à votre compte Sucking Rock And Roll.
Ceci vous permettra de ne pas saisir vos nom, adresse e-mail et site internet à chaque commentaire.
Vous pouvez également créer un compte si vous n'en possédez pas.
Se connecter Créer un compte