War

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21 ans avant d’avoir envie de désamorcer la bombe atomique, U2 entrait en guerre. Une génération est passée par là depuis. Les poings levés ont fait place aux salons feutrés. C’est ainsi, ni mal ni bien, juste des gens qui prennent de la bouteille.

Le 28 février 1983, ces quatre types, qui ont deux albums prometteurs derrière eux sortent donc un troisième opus que tout le monde sait décisif. Pour l’occasion Steve «bouclettes» Lillywhite s’est fendu d’une nouvelle collaboration avec le groupe alors que sa règle était claire : jamais plus de deux nuits dans le même lit !

Sunday Bloody Sunday en ouverture. U2 est prêt à s’assumer, à parler de son Irlande, à cogner. New Year’s Day en premier single, les gars sortent le grand jeu dans le money time. Peu importe que 30 ans plus tard, le morceau soit devenu une plaie, il conserve son intensité unique et une ligne de basse à se taper le cul par terre. Sans compter qu’il offre à Bono une occasion unique de rivaliser avec feu Karol Wojtyła dans un stade polonais.

«Soignez votre entrée et votre sortie et au milieu faites comme vous pouvez», a dit un jour l’immense Jean-Philippe «I am the blues» Smet. Avec War, U2 a suivi cette maxime. 40 clôt l’album avec classe et élégance. Le reste ? Du rock, des envolées lyriques, du beau produit, mais rien de finalement indispensable…sauf un titre, deuxième single de l’album, oublié en concert depuis la fin des années 80 et qui mérite à lui seul de dresser un autel en hommage à Peter Rowan : Two Hearts Beat As One. Quelle énergie, quel pied ! Le morceau fera l’intégralité du War Tour avant de disparaître un soir d’avril 85 lors du Unforgettable Fire Tour, pour ne ressortir qu’une unique fois lors d’un concert au Point Depot à la fin 89. Pourquoi ? Pour la même raison que U2 aime tant Pride, on n’en sait rien.

L’autre noyé s’appelle The Drowing Man qui a bien faillit refaire surface en 2009 lors du 360° Tour. U2 l’a répété, encore et encore, sans jamais trouver un moyen de l’incorporer à la setlist. Selon Willie Williams, le groupe ne parvenait pas à trouver un enchaînement à ce morceau, qui plombait irrémédiablement l’assistance dans une torpeur de centre gériatrique.

War est un tournant pour les Irlandais. A cet instant, ils ont passé avec succès l’épreuve de l’album de «la maturité». Ils ont montré qu’ils avaient du coffre, qu’ils n’étaient pas qu’une bande de ploucs débarqués d’un bastion de buveurs de Guiness. Ils s’étaient appropriés leur pays, et étaient prêts à aller sérieusement conquérir les terres de Ronald Reagan. Le défi était immense, ils s’y sont consacrés sans relâche, jusqu’à aujourd’hui. War leur a ouvert les portes d’un nouveau monde, réservé aux rock stars, un statut dont ils ne jouiront jamais véritablement. Mais l’acte fondateur était posé et ils étaient prêts pour la suite.

A propos de cet album

Troisième album studio de U2.

Sorti le 28 février 1983. Sortie remasterisée le 21 juillet 2008.

Enregistré entre 17 mai et le 20 août 1982 à Dublin (Windmill Lane studios).

Produit par Steve Lillywhite.

Singles :

  • New Year's Day
  • Two Hearts Beat As One (USA, UK, Australie)
  • Sunday Bloody Sunday (Allemagne, Pays-Bas)

Tournée :

War Tour 1982/1983 (109 concerts).
Ouverture le 1 décembre 1983 à Glasgow (Ecosse). Clôture le 18 décembre 1983 à Londres (Angleterre).

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