U2 et la Sphère, faits l’un pour l’autre

, par Cyril 12 commentaires

Ce pouvait être le dernier concert de leur résidence, ce sera seulement le dernier de l’année. Mais c’est ce 16 décembre que (la moitié de) notre équipe a choisi pour voir U2 à Las Vegas. Compte-rendu à chaud en direct du Strip.

Quel show !
Et quelle bonne idée d’avoir lancé ce concert comme il y a plus de 30 ans. Au moins, on savait où on était. Même si évidemment, U2 prenait le risque d’être comparé avec le groupe qu’il était alors, un groupe à l’apogée de son art, c’était audacieux et c’était le bon choix. Ce samedi soir à Las Vegas n’a pas permis à U2 de gagner cette lutte contre le temps qui passe, mais à l’impossible nul n’est tenu, et le spectacle était à la hauteur de la promesse et de cet immense album.

Petite incise dans cet article laudateur… Il faudrait mettre un coup de taser à Bono à chaque fois qu’il entre sur scène en applaudissant le public, cette manie est insupportable. Ce qui me fait dire qu’une fois de plus, U2 ne savait tout simplement pas comment entrer sur scène et que ça commence à se voir. Fin de l’incise.

Ce début de concert donc… Visuellement, c’est une claque. J’avais réussi à échapper à toutes les images du concert depuis septembre, c’était donc une découverte totale. Ce qui découvre le spectateur est fou et, quitte à être grandiloquent, c’est du jamais vu!
Sur le moment en revanche, je suis surpris par le son, pas très “immersif” alors que Edge en avait fait des caisses à ce sujet. Je trouve ça froid et lointain, manquant de basses. Un sentiment qui s’estompera plus tard dans le concert.

Quant au groupe… bon… pas fou à cet instant. En fait jusqu’à One (compris), U2 déroule. Ce n’est pas chaleureux, ce n’est pas poignant, pas franchement d’émotion, ni d’énergie. Et il ne fallait pas attendre que le public porte le groupe, ce public-là, dans cette ville-là, en est incapable. Je reviendrai sur cet aspect. Bref, à part les vidéos, donc celle de malade durant Even Better –j’ai eu le sentiment que la scène grimpait littéralement dans le ciel–, la mise en bouche est tiède.

C’est avec Until et Who’s Gonna Ride que le concert a vraiment pris une autre dimension. En fait, quand Bono a décidé de se sortir les doigts pour animer cette soirée. Et il a bien fait ! Faut-il y voir une relation de cause à effet, je ne sais pas, toujours est-il que c’est aussi à ce moment que le potentiel visuel de la Sphère est moins utilisé, le show repose plus sur le groupe et sur son chanteur.

Nouvelle petite incise. Cela faisait longtemps qu’on avait pas vu U2 sur une scène si réduite, sans B-stage, sans catwalk, ou sans écran où aller se balader. Du coup Bono s’épuise moins à courir partout, j’ai le sentiment que ça lui permet d’être mieux dans sa musique. Fin de cette nouvelle incise.

Ne connaissant pas la setlist avant cette soirée, j’ai découvert que j’avais eu droit à la version Rattle & Hum, donc pas de City, Pride et Still, parfait ! Même si au risque de me faire traiter de grognon, j’aurais préféré When Loves Comes to Town plutôt que Angel of Harlem, mais ça va. Et puis quelle belle surprise d’entendre Love Rescue Me! C’est en fait la seule de la soirée rayon setlist, pas de Discothèque, of course, ainsi va la vie…

Acrobat, So Cruel, Ultraviolet et Love is Blindness… que dire… Le highlight de la soirée. Comme une nouvelle preuve qu’Achtung Baby est un chef d’oeuvre. Ces quatre morceaux, dont trois ont été oubliés durant près de 30 ans –exception faite d’Acrobat revenu en grâce en 2018– ont été d’une beauté et d’une force inouïe. A eux-seuls (presque), ils valaient les 3,14 tonnes de CO2 dépensés pour faire cet aller-retour. Quelle interprétation, quelle émotion, de la beauté pure.

Et puis ce rappel. Là encore, un sans faute. De l’énergie, du souffle, du rock, de l’enthousiasme et cette fois en même temps que les effets visuels. Streets en plein désert et en plein jour recréé grâce à cette salle incroyable, quel kiffe !

Une incise encore. Pour le public. C’était mou, personne ne saute, personne ne danse, à quelques exceptions près. C’est vrai dans les gradins et c’est vrai dans la fosse. Mais parce que cette série de concerts avait lieu à Las Vegas, tout ça était prévisible. Un instant j’ai imaginé la même chose à Londres…
Public sans intérêt donc MAIS, à son crédit… un public qui chante et qui chante fort. Je ne m’y attendais pas. Il ne faut pas attendre qu’il enflamme la salle mais qu’il participe, oui, et il l’a bien fait. Fin de cette incise public.

Tiens, encore une bonne idée de se quitter sur Beautiful Day, ça file la patate à tout le monde, ça laisse le public heureux et plongé dans une atmosphère joyeuse. Pile ce qu’il fallait pour compenser la noirceur d’Achtung Baby.

Rayon énergie, bravo aussi à Bram van den Berg. On les voit et on les sent ses 20 ans de moins que les trois autres ! Le type vit assurément un moment hors norme grâce à la blessure de Larry, du coup il en profite. Il se donne à fond, il est hyper souriant (ça change de l’autre qui tire la gueule H24) et il insuffle un sacré rythme derrière Bono, moins martial, plus relâché que Larry. Je suis sûr que ça fait du bien à Bono d’ailleurs.

Tout ça pour vous dire que ce U2:UV (qui ne veut donc rien dire) est une réussite que même un début crispé et même le public de Vegas ne gâche pas. Cette salle et ce groupe étaient faits pour se rencontrer, tout était dingue. Maintenant, place (un jour, qui sait ?) à de la nouveauté!

Discussions

12 commentaires ont été publiés pour cet article.

Fab

Larry été présent au live duVendredi!
Ovationné par le public

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actarus

Ça va faire plaisir à beaucoup parmi nous.

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Serge

J’y étais dimanche : whao cet article m’a fait du bien

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Elisyd

Bien l’article sur la sphère
J’étais contre cette résidence à Vegas sans Larry et puis…..mon homme m’a fait le surprise voyage plus place à la sphère et la wahouuu que du bonheur
J’ai adoré , j’en rêve encore la nuit
On était là le soir ou lady gaga est venue chanter c’était magique
Et ce qui est bien c’est que c’était un concert et pas un spectacle
Moi qui fait les concerts de u2 depuis 87 j’ai aimé ce concert

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Iris

c est bien la premiére fois que je souhaite que mon groupe de coeur prenne sa retraite ca devient trop pathétique et genant avant de ternir encore plus son image :

– dernier album baclé et sans interet
– concert à las vegas qui aurait pubs intituler zoo ephad .bono bouge plus et sa voix resemble à un tribute to U2
– rendre hommage sur pride à l attentat en israel ne me derange pas mais être aussi ambigue sur la palestine et ses consequences c est triste.
– hommage à alexei navalny sans savoir ce qu il était vraiment
– dernier single pompé et mauvais

il ne reste vraiment plus rien à sauver

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actarus

C’qui fait plaisir ! c’est qu’ils ont filmé le show du 23 février.

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Raphaël

Plaisir de vous lire depuis tout ce temps.

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Wiky

Ca fait plaisir de lire un nouvel article ici :)
De l’idée que je me fais de la salle, en effet Discotheque aurait pu etre énormissime (et en plus sans risque de divorce avec le batteur officiel … vu qu’il n’est pas là).
Black-Out, Get on your boots, ca pourrit aussi sympa ;)

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guffanti

C’est vrai que ne pas jouer Discotheque dans ce lieu est incompréhensible. ça aurait de la gueule. Peut être pour Janvier ou Février et rêvons un peu avec Larry…

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actarus

La plus belle c’est So cruel. Si on rêve alors je choisis Blue room & Stay

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yeah

Ah je me demandais quand aurait-on droit à quelque chose sur ce qu’il se passe à Las Vegas?
Bon je me doute que c’est pas aussi simple que d’aller à Dublin et en tirer une revue. Mais c’est bien que vous ayez chroniqué un concert, le site se devait de suivre l’actu du presque-groupe. Sinon je n’ai pas d’avis, je suis en opposition avec cette résidence qui se fait sans Larry (quoi que l’on pense de lui et/ou de son remplaçant)

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Hold Me

@yeah Bien d’accord avec toi. Encore une fois l’innovation technique ok mais au service de la création musicale. Ils sont avant tout un groupe… de musique.
En ce qui concerne Larry, ok il fait très souvent le moue mais son style de jeu va très bien avec leurs messages qui sont tout sauf « dentelle » même dans NLOTH. Sa frappe martiale qui lui a été reprochée, va bien avec les textes. Après pas d’avis sur son remplaçant, certainement très bon au demeurant.
Happy Christmas everyone
ps: sur le single Atomic city, Debby Harry et Georgio moroder sont cités dans Music by: pas de plagiat donc ;)

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